Synonyme de haute performance au Japon depuis 1969, la dynastie Skyline, dont la GT-R est aujourd'hui l 'héritière, a toujours été produite avec conduite à droite, Elle était donc rarement visible hors de l'archipel nippon, Depuis une dizaine d'années cependant, on peut la piloter virtuellement dans le jeu vidéo Grand Turismo, ce qui a largement contribué à l'image de marque de cette voiture d'exception.
Les concepteurs de la GT-R n'ont rien ménagé. Sur papier, elle est alléchante. En visant directement la Porsche 911 et la Corvette, cette voiture s'inscrit dans une démarche de maîtrise et de sécurité, deux éléments enlevés au conducteur et confiés à la technologie du XXle siècle.
Évacuons immédiatement, si vous le voulez bien, la question du châssis, et précisons que la GT-R ne retient aucun composant des R32, ces GT-R que vous avez aperçus sur les routes du Québec avec conduite à droite depuis quelques années. Mais la GT-R n'est pas partie de rien pour autant, puisque l'architecture est en quelque sorte une évolution de la plateforme Front Midship, actuellement camouflée sous les carrosseries de nombreux produits Nissan et Infiniti (G35, G37, 3502, etc.) Baptisée Premium Midship, cette architecture comporte plusieurs éléments d'aluminium et de carbone afin de préserver son rapport poids/puissance sous la barre des 4 kg par cheval-vapeur. Sous le capot se cache une mécanique de feu: un six cylindres 3,8 litres biturbo de 480 chevaux, qui garantit un passage de 0 à 100 km/h en 3,5 secondes et une vitesse de pointe de 311 km/h,
PARCOURS CONTRÔLÉ
La GT-R n'a à rougir d'aucune comparaison. Avec ses quatre arbres à cames en tête, à calage variable, un graissage par carter sec qui permet d'encaisser 1 G en latéral sans déjauger et son châssis actif, la GT-R semble déjà taillée pour le circuit où nous avons eu l'occasion de la rouler à maintes reprises, Confortablement sanglé à bord, on appuie sur le bouton rouge «Start» et le V6 biturbo s'ébroue aussitôt, mais sans déchirer le silence ambiant. Une pression de la main droite et la première s'engage, La GT-R décolle instantanément et vous plaque au dossier sans ménagement.
Dès les premiers mètres, la bête nous presse de hausser la cadence, La précision de la direction autorise un placement au millimètre, avec une adhérence déconcertante des pneus spécialement définis pour la GT-R. La rigidité du châssis et le montage ferme des éléments de suspension triangulés et pilotés finissent par composer un comportement très équilibré, sous-vireur en entrée de courbe si on se montre enthousiaste, mais neutre dès qu'on parvient à plaquer le train avant au freinage. La GT-R trace des trajectoires avec une précision toute chirurgicale et se catapulte d'une courbe à l'autre sans effort. La descente des rapports relance automatiquement le régime entre chaque vitesse, dispensant du talon - pointe.

Ce sont toutefois les accélérations qui marquent les esprits. Comme ça pousse fort! L:aiguille du compte-tours bondit si vite qu'il faut anticiper de 700 tours avant la zone rouge le passage de la vitesse suivante. Cela se fait du bout des doigts et plutôt vite, pour cette boîte automatique à sept rapports à commande manuelle dont les temps de réaction ont été diminués grâce à l'utilisation d'un double embrayage ; on peut procéder encore plus vite en optant pour le mode sport, qu'on sélectionne en donnant une pichenette sur l'une des commandes placées dans la partie centrale du tableau de bord, juste sous l'écran de l 'ordinateur.
Géré par un contrôle de stabilité électronique assez joueur, car il autorise un placement de l'arrière en courbe, le châssis est magnifique d'efficacité, On doit ce trait aux quatre roues motrices dont la répartition normale de 98 % sur l'arrière peut, dans les cas extrêmes, se répartir équitablement entre les essieux (50-50). Sur circuit, cela arrive à chaque sortie de virage, quand les grandes roues de 20 pouces mordent l'asphalte avec appétit. Ce rythme effarant procure une forme d'agilité toute relative à cette GT-R, pourtant volumineuse.
Encore aujourd'hui, c'est sur les voies publiques que la GT-R a le plus attisé les convoitises, avec sa robe qui transpire la haute technologie, Ni belle ni laide, la GT-R séduit doucement. Sa « peau » métallique cache des dispositifs aérodynamiques internes qui lui fournissent un appui graduel jusqu'à 300 km/h, sans appendices extérieurs disgracieux, mais ne parvient toutefois pas, dans le cadre d'une utilisation quotidienne, à soustraire son déflecteur avant des mauvais coups que lui assènent les trottoirs et autres bornes de décélération, C'est bien là l'un de ses seuls défauts.
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